Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 22:35

Ce 10 mai 2007 marque la deuxième commémoration officielle de l'abolition de l'esclavage et de la traite des noirs. Un constat nous est apparue, la société français n'a qu'une très vague idée de ce crime .
Ce qui est vraisemblablement le premier crime contre l'humanité dans sa conception moderne, n'est qu'au stade embryonnaire dans sa vulgarisation.

Voici une courte vidéo qui permet dans savoir un peut plus: 


Esclavage
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 17:57

yériché gorizian Le 24 avril 2007, une partie de notre petite équipe commémorait le génocide des Arméniens à Lyon.

Au côté de la communauté arménienne mais également d'un grand nombre d'élus, de victimes de crimes contre l'humanité, d'associations des droits de l'homme et de simple citoyens, c'est une grande émotion que nous avons partagés.


Parmi les interventions,  s'est démarquée celle de Yériché Gorizian pour la jeunesse d'origine arménienne. Cette intervention a été la plus vibrante pour nous, comme toute l'assistance. Parce que nous avons vu des gens de toutes origines émus parfois jusqu'aux larmes à l'écoute de ce discours nous voulions vous transmettre cette émotion.


Ayant un problème avec la vidéo que nous avions  réalisé, nous avons souhaité vous donner une retranscription (la plus fidèle possible) et ce, même  si  yériché Gorizian (qui est un ami) a refusé la publication. Il nous semblait utile pour cette cause de vous en faire part.


Enfant d’Arménien

 

Pour beaucoup d’entre nous ici présent, cette phrase est une fierté, mais surtout une preuve ;

Une preuve que le génocide de 1915 n’a pas totalement détruit le peuple arménien et sa culture pluri- millénaire, qu’un peuple peut, par sa volonté et toute ses forces, renaître de ses cendres…

Enfant d’Arménien

En Turquie cette même phrase est la pire des insultes ; 

Une preuve là aussi que le taboue n’a pas été levé, que le nationalisme ne s’est pas tarit, que le racisme n’a pas cessé,  

 Que le génocide des Arménien n’est pas aussi loin que  certain veulent faire croire!  

 92 ans de déni ! 92 ans de négationnisme à l’échelle internationale d’ un Etat Turc violant par ses mensonges, violant par la Loi , violant par les agressions physiques, les emprisonnements et les Assassinats.

92 années que les gouvernements turcs successifs endoctrinent leur peuple… Mais toutes ces générations sacrifiées sur l’hôtel du grand idéal ultra- nationaliste, ses générations fanatisées…Comment leur expliquer le génocide ?... Dès l’école maternelle on leur apprend que les Arméniens sont des traîtres, des ennemis de la nation, que le génocide arménien n’est qu’un vaste mensonge tiré d’un complot mondial contre la Turquie.   

Nous n’éprouvons pas de haine contre le peuple Turc, bien au contraire...Par notre combat, nous essayons de donner une sépulture symbolique  à nos morts, nous luttons contre la réitérations de tels crimes quel que soit l’endroit du monde où ils se produisent, mais ce combat pour la justice, 

 Ce combat, Nous le menons également pour le peuple Turc, pour que sa société soit enfin en paix avec ce  passé coupable, pour qu’Arméniens et Turcs puissent se regarder non plus avec méfiance, crainte, mais fraternellement.

 

Nous n’avons pas d’avantage de velléités  vengeresses, Non !

 
Nous revendiquons Justice ! car la justice c’est bien plus fort que la revanche, la Justice c’est la reconnaissance ! la justice c’est la Réparation du crime !

 
Ni haine dans notre message, ni vengeance dans nos aspirations, mais nous n’avons en revanche, pas à nous excuser de ressentir de la Colère pour l’Etat Turc !

 

 

Le négationnisme d’Etat qui sévit en Turquie a une base idéologique qui est la même que celle du génocide de 1915 : la supériorité de la race Turque, la volonté d’établir un Etat peuplé Exclusivement de Turcs.

 Ainsi, le génocide s’est employé a éliminé physiquement le peuple Arménien qui vivait sur les terres d’Anatolie depuis 2000ans et aujourd’hui, l’Etat turc tente de détruire l’une des seules choses qui reste à la victime… sa mémoire.

 
Oui, l’empire Ottoman en 1915  a commencé l’extermination des Arméniens

 et en imposant le silence dans son peuple comme dans la communauté internationale,

 la Turquie de 2007 est en train de terminer le travail ….Le génocide des Arméniens n’est donc pas terminé !

 

 -Les défenseurs des droits de l’homme et des minorités sont en prison,

 -Les journalistes et écrivains sont assassinés,

 -La jeunesse est embrigadée par un fanatisme nationaliste ambiant,

-Les familles des exilés politiques sont menacées et exécutées,

 

 -L’armée à la tête du pouvoir exécutif grâce à  un coup d’Etat, est omniprésente dans le pays,

- La Loi impose l’arbitraire d’un Etat fasciste, impose le négationnisme et le racisme,

 -La constitution elle-même glorifie des principes nationalistes et discriminatoires,

 -Les minorités sont répertoriées, immatriculées et ne peuvent accéder à la fonction publique,

 -Les religions des citoyens sont inscrites sur les cartes d’identités,

 -La supériorité de la race est enseignée aux élèves, dans les manuels scolaires et d’histoires,

 -Main Kempff, ouvrage d’Hitler est en tête des ventes dans les librairies,

-Des autodafés sont organisés sur la place publique afin de brûler les livres des intellectuels progressistes…

 

NON ! Nous ne sommes pas dans l’Allemagne des années 30, mais après le génocide des Arméniens, dans la Turquie de 2007,  où des Mausolées sont érigés à la gloire des génocideurs d’antan, célébré aujourd’hui comme des héros nationaux.

 

En 2007, cette politique quasi centenaire a menée notamment à l’assassinat du journaliste Hrant Dink en Turquie, et la fuite du prix nobel de littérature Ohan Pamuk. Tout deux ont parlé du génocide Arménien, tout deux en ont subit les conséquences.

 Ils sont nombreux dans le même cas que Pamuk, ces écrivains, ces historiens ou ces journalistes, ces justes comme Taner Açam, Zarakolu, Dogan Ozguden et les autres, ceux qui ne se contentent pas de compatir avec nos traumatismes  mais qui soutiennent nos revendications

 Ils sont même pourchassés par le négationnisme de l’Etat Turc jusque dans leur terre d’asile, aux Etats-Unis en Allemagne ou en Belgique.

 Aujourd’hui, la dignité de la Turquie est en fuite à l’étranger, elle réside en ces intellectuels qui portent les valeurs de la démocratie à bout de bras, et nous nous DEVONS  de les aider !

 Car Ils sont rares ceux qui peuvent continuer en Turquie…Hrant Dink avait choisit de rester, …il en est mort…mort pour avoir parlé du génocide arménien…

 

Cette année, le consul de Turquie à Lyon, nous a déclaré que «  La Turquie n’a pas de patience ! »  …. Et bien que le gouvernement Turc sache à son tour que notre patience à nous…est arrive à bout depuis très longtemps ! …Nous ne quémandons pas justice,

 Il est venue le temps ou nous Exigeons Justice !

 

 

Parce que le génocide est un crime contre l’humanité, c’est l’humanité tout entière qu’il bafoue. Et, à l’instar du crime, sa mémoire relève d’une même Universalité.

Ainsi, la lutte contre le négationnisme du génocide arménien ne doit concerner les seuls arméniens, mais bien l’ensemble de la communauté des  humanistes.
Nous sommes engagés dans un combat qui n’oppose pas Turcs et Arméniens mais des valeurs ; celles de la démocratie contre celle du totalitarisme.

Ce combat est celui de la Vérité. Et , lorsque la vérité dérange les ignorants, ce n’est pas à celui qui sait de se taire mais à l’ignorant  d’apprendre ! Nos concitoyens d’origine Turc  qui ont embrassé le négationnisme doivent enfin ouvrir des livres d’histoire !

 

 

Lorsque l’ignorance agresse, nous ne pouvons la laisser s’étendre ; la timidité n'a désormais plus sa place, l’histoire nous a appris, que dans un tel combat, les exactions et les
dévoiements doivent être dénoncés et infirmés !…

Le courage et la constance face à l’extrémisme, sont les vertus des hommes justes !

Le courage, il se manifeste partout, au quotidien.

 Le courage c’est de ne céder à aucun chantage, de ne plier face à aucune menace,

 Le courage, c’est ce dont a fait preuve l’année dernière le maire de Lyon  Monsieur Gérard Collomb, afin que le mémorial des génocides, (afin que Ce mémorial soit enfin érigé)

 


Le 12 octobre dernier, les députés  qui ont votés favorablement une proposition de loi sanctionnant le négationnisme du génocide des Arméniens, n’ont  pas non plus manqué de courage dans leurs convictions. Et, si l’Assemblée Nationale Française à traité du génocide arménien c’est bien parce que l’Etat Turc a exporté son négationnisme jusqu’en France et dans toute l’Europe.

 

 

Par ce que le négationnisme, quel qu’il soit,  au même titre que le racisme, n’a pas sa place au sein de notre République, il doit être sanctionné par la loi.

 La mobilisation de toutes nos forces, la mobilisation de toutes les forces de la communauté nationale, de toutes les forces humanistes sera plus que jamais capitale.  Notre jeunesse doit jouer pleinement son rôle en formant la pointe du glaive de la Justice. Nous ne serons jamais de trop pour porter les 1 500 000 de 1915.

 

En cette 92 ème commémoration du génocide des Arméniens, nous faisons le serment de garder espoir…

 

Car ensemble, nous saurons parler, et nous devrons parfois même crier !

 pour ceux qui sont mort en silence dans cette terrible indifférence…

 

Car aujourd’hui encore, le COMBAT CONTINUE !

 

Par Web Citoyens - Publié dans : évènements
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 17:48
                                                             POUR LA FRANCE




               

              La Mère                                               L'Amant



A vous de choisir...





                                                         
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /Mars /2007 21:35

Les Universités de la Mémoire : Mémoires du XXème siècle
Des mémoires partagées
27-28-29 mars 2007

 

proposées par l'Union des Étudiants Juifs de France, Hippocampe, et FRA- Nor Seround, sous la présidence d’honneur de Monsieur Alain Universités de la Mémoire Morvan, Recteur de l’académie de Lyon, chancelier des Universités

Important : pour la conférence du 29 mars, il faut impérativement vous inscrire

Programme :

Mardi 27 mars 2007 - 18h30

Punir par la loi la négation des génocides en France

 

Conférence présidée par Maître Albert Lévy

Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Lyon

 


. Maître Alain Jakubowicz

 
 

Avocat au Barreau de Lyon

 

. Monsieur Jean-Baptiste Racine

 

Professeur de droit privé à l'Université de Nice Sophia-Antipolis

 

                               . Maître William Bourdon

 
 
 

                 Avocat au Barreau de Paris (Sous réserve)

 

Entrée libre

Université Jean Moulin Lyon 3 - Manufacture des Tabacs,  Amphi I

6 rue Rollet, Lyon, 8ème arrondissement  - Métro Sans-Souci

 

 

Mercredi 28 mars 2007 - 19h

Résister contre l'oubli et la négation des génocides

 

Conférence présidée par Monsieur Olivier Faron

Directeur de l'École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines

 

Ouverture de la conférence par Monsieur Alain Morvan

Recteur de l'Académie de Lyon et Chancelier des Universités

 

 

    . Monsieur Benjamin Orenstein,

Ancien déporté, Président de l'Amicale des Déportés d'Auschwitz du Rhône

 

 

. Monsieur Jariel Rutaremana

 

Ancien Magistrat au Rwanda, membre de Ibuka France

 

. Monsieur Dogan Özguden

 
Rédacteur en chef d'Info-Turk, Centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie en Belgique

 

 

Entrée libre

Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines, Amphithéâtre

15 parvis René Descartes, Lyon, 7ème arrondissement  - Métro Debourg

 

 

Jeudi 29 mars 2007 - 18h45

Devoir de mémoire et travail d'histoire :

Comment transmettre la mémoire des génocides aujourd'hui ?

 

 

Conférence présidée par Monsieur Gérard Collomb

Sénateur-Maire de Lyon

 

Monsieur Jean-Louis Touraine
Premier Adjoint au Maire de Lyon
Modérateur: Yériché Gorizian
 

 

 

 

. Monsieur Marek Halter

 

Ecrivain

 

. Madame Barbara Lefebvre

 

Professeur d'histoire, écrivain

 

. Monsieur Jules Mardirossian

 

Président du Collectif Reconnaissance

 

Hôtel de Ville de Lyon, Salon Justin Godart

Place de la Comédie, Lyon, 1er arrondissement  - Métro Hôtel de Ville

 

 

 

Nombre de places limité pour la conférence de jeudi 28 mars , Réservation impérative

A faire parvenir par mail à l'adresse universites.memoire@gmail.com

 

Comité d'organisation

 

Union des Etudiants Juifs de France, section Lyon

Présidente Audrey Alcabes

Site : http://uejflyon.free.fr

E-Mail : uejflyon@hotmail.com

 

Hippocampe

Association des étudiants de l'Université Jean Moulin Lyon 3

Lutte contre le racisme, le négationnisme et l'antisémitisme

Président Aurélio Burnot

Adresse : B.P. 2419 69219 Lyon cedex 02

Site : http://hippocampe.lyon3.free.fr

E-Mail : assoc.hippocampe@laposte.net

 

FRA-Nor Seround Lyon

Association des jeunes Arméniens

Porte-parole : Yériché Gorizian

Adresse : 68 avenue Marcel Cerdan, 69100 Villeurbanne

E-Mail : nor-seround-lyon@hotmail.com

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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /Mars /2007 09:31
L'historien attaquait en diffamation l'ancien garde des Sceaux.
 
Par Christophe BOLTANSKI
 
Quand Robert Faurisson pénètre dans le tribunal encore vide, il prend place du côté des prévenus, à la gauche de la barre. Par habitude. Il a tant de fois été condamné pour négationnisme ou apologie de crimes de guerre. Aujourd'hui, pourtant, c'est lui qui attaque. Il poursuit l'ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, celui-là même qui, en 1981, lui avait fait subir son premier déboire judiciaire. Un quart de siècle plus tard, celui qui nie non seulement l'existence des chambres à gaz, mais aussi la réalité de la Shoah, tente d'inverser les rôles.
Devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, l'ancien maître de conférence à Lyon-III accuse l'ex-ministre de lui avoir causé «un préjudice considérable en mentant sciemment» le 11 novembre 2006, sur la chaîne Arte. Invité de l'émission le Forum des Européens, Robert Badinter avait évoqué au détour d'une phrase son passé d'avocat : «Le dernier procès que j'aurai plaidé dans ma vie avant de devenir ministre, c'est le procès contre Faurisson. J'ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l'histoire.» 

Argutie. 
Un propos «diffamatoire», selon Faurisson qui, debout, brandit le jugement du 8 juillet 1981. «Je demande où, à quelle page, à quel alinéa, à quelle ligne, il est dit que Robert Faurisson a été condamné pour être un faussaire de l'histoire ? La réponse est : nulle part !» Lors de ce premier procès, les juges avaient estimé qu'il avait «manqué aux obligations de prudence, de circonspection objective et de neutralité intellectuelle qui s'imposent au chercheur qu'il veut être», qu'il avait même «volontairement tronqué certains témoignages». Mais le tribunal avait estimé «ne pas avoir à rechercher si un tel discours constituait ou non une falsification de l'histoire». 
C'est cette argutie juridique qui lui permet de traîner en justice «l'ancien garde des Sceaux, l'ancien président du Conseil constitutionnel», comme il se plaît à le rappeler. Il réclame 15 000 euros de dommages et intérêts et la lecture du jugement sur Arte. La situation semble le réjouir. Cet homme de 77 ans, le crâne garni de deux petites touffes blanches, qui en parlant de lui-même dit «Faurisson», s'enflamme à mesure qu'il ressort ses vieilles antiennes sur «les prétendues chambres à gaz et le prétendu génocide des Juifs». Le président, Nicolas Bonal, lui rappelle que ces mêmes propos lui ont valu d'être condamné. En vain. C'est un négationniste impénitent qui revendique haut et fort un brûlot antisémite, posté en ligne et cité par un témoin de la défense. «J'en suis l'auteur, j'en suis l'auteur !» crie-t-il à propos d'un texte intitulé Je bois du petit lait qui compare l'Holocauste à une «baudruche» qu'il faut crever et ajoute : «C'est un bidon fondamental, ce grand martyr de la race juive.» 
Assis en face de lui, Robert Badinter parvient difficilement à contenir sa colère. «C'est un fou !» murmure-t-il plusieurs fois. Debout à son tour devant les juges, il explique que l'émission d'Arte portait sur un tout autre sujet : les menaces des intégristes sur la liberté d'expression. Interrogé «à la fin, presque à l'improviste» sur les lois mémorielles, il a réitéré les réserves qu'il partage avec les historiens et rappelé qu'en tant qu'avocat de la Licra, la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme, il avait réussi à faire condamner Faurisson bien avant la loi Gayssot.

Plaidoirie. 
Le 22 juin 1981, il n'avait pas cessé de traiter dans sa plaidoirie l'universitaire de «faussaire de l'histoire». Deux jours plus tard, nommé garde des Sceaux par Mitterrand, il avait quitté le barreau pour la chancellerie. Lors du jugement, le 8 juillet, il était assailli par ses nouvelles tâches. «J'ai été certainement avisé du résultat. [...] Je ne suis pas sûr d'avoir lu le jugement. [...] Pour un article, j'aurais vérifié. Sur un plateau de télévision, vous répondez en fonction de vos souvenirs.» 
Voilà pour la forme. Sur le fond, il ne regrette rien. Dans la décision de 1981, un attendu, raconte-t-il, le concerne personnellement. «C'est celui qui évoque les survivants et les enfants de celles et de ceux qui ont disparu dans le génocide. Je suis de ceux-là.» Il poursuit sans parvenir à contenir son émotion : «J'avais 13 ans quand mon oncle a été arrêté au domicile que nous venions de quitter, en octobre 1941 . Il a été dénoncé et envoyé à Drancy et, de là, a disparu. J'avais 14 ans quand ma grand-mère paternelle a été arrêtée à son domicile par des policiers français sur ordre de Bousquet. C'était au début de l'automne 1942. Elle avait 80 ans. On l'a descendue sur une civière, envoyée à Drancy, déportée, et on n'a plus eu de ses nouvelles. J'allais avoir 15 ans quand mon père a été arrêté à Lyon ; [...] bien entendu, nous n'avons jamais eu de ses nouvelles.» Il raconte comment, à la Libération, il allait au Lutetia interroger les survivants, comment, plus tard, il a récité le kaddish dans le camp de Sobibor, tombeau de son père. Faurisson est coupable de «l'une des pires entreprises de faussaires de l'histoire... On en est arrivé à dire que ces gens sont morts du typhus, sous les bombardements alliés. Par hasard». Il hausse la voix, se tourne vers son accusateur : «Que les choses soient claires. Pour moi, jusqu'à la fin de mes jours, tant que j'aurai un souffle, vous et ceux de votre espèce ne serez jamais que des faussaires de l'histoire la plus tragique.» 

Témoins. 
Robert Badinter a obtenu que cette audience , qui s'achèvera le 2 avril, soit filmée «pour l'histoire». Ses témoins ­ des historiens, comme Annette Wieviorka, le romancier Didier Daeninckx... ­ démontent les méthodes falsificatrices du plaignant qui usurpe jusqu'à son titre de «professeur d'université». Valérie Igounet, auteur d'une histoire du négationnisme en France, explique : «Faurisson part de son postulat que les chambres à gaz n'existent pas et, à partir de ce postulat, il va interpréter les faits.» Tous soulignent aussi sa «phobie antisémite» exprimée récemment lors d'une conférence négationniste sur l'Holocauste à Téhéran où il vitupère contre «la juive Simone Veil» ou le «juif Fabius». 
Après avoir détaillé comment le plaignant «triture, tronque et falsifie», l'historienne Nadine Fresco conclut qu'il faut «apprendre à vivre avec ces faussaires» tout en continuant «à travailler et à les combattre». Car, ajoute-t-elle : «ils procèdent par scandales» . «On est dans le chagrin, eux sont dans la jouissance. Et leur jouissance semble immense.» 
 
Libération
mardi 13 mars 2007
 
Par Web Citoyens - Publié dans : Justice
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