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Mardi 20 février 2007

 

Conférence organisée par la Fédération des Jeunes Arméniens de France (FRA- Nor Seround).

Par Web Citoyens
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Mercredi 21 mars 2007

Les Universités de la Mémoire : Mémoires du XXème siècle
Des mémoires partagées
27-28-29 mars 2007

 

proposées par l'Union des Étudiants Juifs de France, Hippocampe, et FRA- Nor Seround, sous la présidence d’honneur de Monsieur Alain Universités de la Mémoire Morvan, Recteur de l’académie de Lyon, chancelier des Universités

Important : pour la conférence du 29 mars, il faut impérativement vous inscrire

Programme :

Mardi 27 mars 2007 - 18h30

Punir par la loi la négation des génocides en France

 

Conférence présidée par Maître Albert Lévy

Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Lyon

 


. Maître Alain Jakubowicz

 
 

Avocat au Barreau de Lyon

 

. Monsieur Jean-Baptiste Racine

 

Professeur de droit privé à l'Université de Nice Sophia-Antipolis

 

                               . Maître William Bourdon

 
 
 

                 Avocat au Barreau de Paris (Sous réserve)

 

Entrée libre

Université Jean Moulin Lyon 3 - Manufacture des Tabacs,  Amphi I

6 rue Rollet, Lyon, 8ème arrondissement  - Métro Sans-Souci

 

 

Mercredi 28 mars 2007 - 19h

Résister contre l'oubli et la négation des génocides

 

Conférence présidée par Monsieur Olivier Faron

Directeur de l'École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines

 

Ouverture de la conférence par Monsieur Alain Morvan

Recteur de l'Académie de Lyon et Chancelier des Universités

 

 

    . Monsieur Benjamin Orenstein,

Ancien déporté, Président de l'Amicale des Déportés d'Auschwitz du Rhône

 

 

. Monsieur Jariel Rutaremana

 

Ancien Magistrat au Rwanda, membre de Ibuka France

 

. Monsieur Dogan Özguden

 
Rédacteur en chef d'Info-Turk, Centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie en Belgique

 

 

Entrée libre

Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines, Amphithéâtre

15 parvis René Descartes, Lyon, 7ème arrondissement  - Métro Debourg

 

 

Jeudi 29 mars 2007 - 18h45

Devoir de mémoire et travail d'histoire :

Comment transmettre la mémoire des génocides aujourd'hui ?

 

 

Conférence présidée par Monsieur Gérard Collomb

Sénateur-Maire de Lyon

 

Monsieur Jean-Louis Touraine
Premier Adjoint au Maire de Lyon
Modérateur: Yériché Gorizian
 

 

 

 

. Monsieur Marek Halter

 

Ecrivain

 

. Madame Barbara Lefebvre

 

Professeur d'histoire, écrivain

 

. Monsieur Jules Mardirossian

 

Président du Collectif Reconnaissance

 

Hôtel de Ville de Lyon, Salon Justin Godart

Place de la Comédie, Lyon, 1er arrondissement  - Métro Hôtel de Ville

 

 

 

Nombre de places limité pour la conférence de jeudi 28 mars , Réservation impérative

A faire parvenir par mail à l'adresse universites.memoire@gmail.com

 

Comité d'organisation

 

Union des Etudiants Juifs de France, section Lyon

Présidente Audrey Alcabes

Site : http://uejflyon.free.fr

E-Mail : uejflyon@hotmail.com

 

Hippocampe

Association des étudiants de l'Université Jean Moulin Lyon 3

Lutte contre le racisme, le négationnisme et l'antisémitisme

Président Aurélio Burnot

Adresse : B.P. 2419 69219 Lyon cedex 02

Site : http://hippocampe.lyon3.free.fr

E-Mail : assoc.hippocampe@laposte.net

 

FRA-Nor Seround Lyon

Association des jeunes Arméniens

Porte-parole : Yériché Gorizian

Adresse : 68 avenue Marcel Cerdan, 69100 Villeurbanne

E-Mail : nor-seround-lyon@hotmail.com

Par Web Citoyens
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Lundi 7 mai 2007

yériché gorizian Le 24 avril 2007, une partie de notre petite équipe commémorait le génocide des Arméniens à Lyon.

Au côté de la communauté arménienne mais également d'un grand nombre d'élus, de victimes de crimes contre l'humanité, d'associations des droits de l'homme et de simple citoyens, c'est une grande émotion que nous avons partagés.


Parmi les interventions,  s'est démarquée celle de Yériché Gorizian pour la jeunesse d'origine arménienne. Cette intervention a été la plus vibrante pour nous, comme toute l'assistance. Parce que nous avons vu des gens de toutes origines émus parfois jusqu'aux larmes à l'écoute de ce discours nous voulions vous transmettre cette émotion.


Ayant un problème avec la vidéo que nous avions  réalisé, nous avons souhaité vous donner une retranscription (la plus fidèle possible) et ce, même  si  yériché Gorizian (qui est un ami) a refusé la publication. Il nous semblait utile pour cette cause de vous en faire part.


Enfant d’Arménien

 

Pour beaucoup d’entre nous ici présent, cette phrase est une fierté, mais surtout une preuve ;

Une preuve que le génocide de 1915 n’a pas totalement détruit le peuple arménien et sa culture pluri- millénaire, qu’un peuple peut, par sa volonté et toute ses forces, renaître de ses cendres…

Enfant d’Arménien

En Turquie cette même phrase est la pire des insultes ; 

Une preuve là aussi que le taboue n’a pas été levé, que le nationalisme ne s’est pas tarit, que le racisme n’a pas cessé,  

 Que le génocide des Arménien n’est pas aussi loin que  certain veulent faire croire!  

 92 ans de déni ! 92 ans de négationnisme à l’échelle internationale d’ un Etat Turc violant par ses mensonges, violant par la Loi , violant par les agressions physiques, les emprisonnements et les Assassinats.

92 années que les gouvernements turcs successifs endoctrinent leur peuple… Mais toutes ces générations sacrifiées sur l’hôtel du grand idéal ultra- nationaliste, ses générations fanatisées…Comment leur expliquer le génocide ?... Dès l’école maternelle on leur apprend que les Arméniens sont des traîtres, des ennemis de la nation, que le génocide arménien n’est qu’un vaste mensonge tiré d’un complot mondial contre la Turquie.   

Nous n’éprouvons pas de haine contre le peuple Turc, bien au contraire...Par notre combat, nous essayons de donner une sépulture symbolique  à nos morts, nous luttons contre la réitérations de tels crimes quel que soit l’endroit du monde où ils se produisent, mais ce combat pour la justice, 

 Ce combat, Nous le menons également pour le peuple Turc, pour que sa société soit enfin en paix avec ce  passé coupable, pour qu’Arméniens et Turcs puissent se regarder non plus avec méfiance, crainte, mais fraternellement.

 

Nous n’avons pas d’avantage de velléités  vengeresses, Non !

 
Nous revendiquons Justice ! car la justice c’est bien plus fort que la revanche, la Justice c’est la reconnaissance ! la justice c’est la Réparation du crime !

 
Ni haine dans notre message, ni vengeance dans nos aspirations, mais nous n’avons en revanche, pas à nous excuser de ressentir de la Colère pour l’Etat Turc !

 

 

Le négationnisme d’Etat qui sévit en Turquie a une base idéologique qui est la même que celle du génocide de 1915 : la supériorité de la race Turque, la volonté d’établir un Etat peuplé Exclusivement de Turcs.

 Ainsi, le génocide s’est employé a éliminé physiquement le peuple Arménien qui vivait sur les terres d’Anatolie depuis 2000ans et aujourd’hui, l’Etat turc tente de détruire l’une des seules choses qui reste à la victime… sa mémoire.

 
Oui, l’empire Ottoman en 1915  a commencé l’extermination des Arméniens

 et en imposant le silence dans son peuple comme dans la communauté internationale,

 la Turquie de 2007 est en train de terminer le travail ….Le génocide des Arméniens n’est donc pas terminé !

 

 -Les défenseurs des droits de l’homme et des minorités sont en prison,

 -Les journalistes et écrivains sont assassinés,

 -La jeunesse est embrigadée par un fanatisme nationaliste ambiant,

-Les familles des exilés politiques sont menacées et exécutées,

 

 -L’armée à la tête du pouvoir exécutif grâce à  un coup d’Etat, est omniprésente dans le pays,

- La Loi impose l’arbitraire d’un Etat fasciste, impose le négationnisme et le racisme,

 -La constitution elle-même glorifie des principes nationalistes et discriminatoires,

 -Les minorités sont répertoriées, immatriculées et ne peuvent accéder à la fonction publique,

 -Les religions des citoyens sont inscrites sur les cartes d’identités,

 -La supériorité de la race est enseignée aux élèves, dans les manuels scolaires et d’histoires,

 -Main Kempff, ouvrage d’Hitler est en tête des ventes dans les librairies,

-Des autodafés sont organisés sur la place publique afin de brûler les livres des intellectuels progressistes…

 

NON ! Nous ne sommes pas dans l’Allemagne des années 30, mais après le génocide des Arméniens, dans la Turquie de 2007,  où des Mausolées sont érigés à la gloire des génocideurs d’antan, célébré aujourd’hui comme des héros nationaux.

 

En 2007, cette politique quasi centenaire a menée notamment à l’assassinat du journaliste Hrant Dink en Turquie, et la fuite du prix nobel de littérature Ohan Pamuk. Tout deux ont parlé du génocide Arménien, tout deux en ont subit les conséquences.

 Ils sont nombreux dans le même cas que Pamuk, ces écrivains, ces historiens ou ces journalistes, ces justes comme Taner Açam, Zarakolu, Dogan Ozguden et les autres, ceux qui ne se contentent pas de compatir avec nos traumatismes  mais qui soutiennent nos revendications

 Ils sont même pourchassés par le négationnisme de l’Etat Turc jusque dans leur terre d’asile, aux Etats-Unis en Allemagne ou en Belgique.

 Aujourd’hui, la dignité de la Turquie est en fuite à l’étranger, elle réside en ces intellectuels qui portent les valeurs de la démocratie à bout de bras, et nous nous DEVONS  de les aider !

 Car Ils sont rares ceux qui peuvent continuer en Turquie…Hrant Dink avait choisit de rester, …il en est mort…mort pour avoir parlé du génocide arménien…

 

Cette année, le consul de Turquie à Lyon, nous a déclaré que «  La Turquie n’a pas de patience ! »  …. Et bien que le gouvernement Turc sache à son tour que notre patience à nous…est arrive à bout depuis très longtemps ! …Nous ne quémandons pas justice,

 Il est venue le temps ou nous Exigeons Justice !

 

 

Parce que le génocide est un crime contre l’humanité, c’est l’humanité tout entière qu’il bafoue. Et, à l’instar du crime, sa mémoire relève d’une même Universalité.

Ainsi, la lutte contre le négationnisme du génocide arménien ne doit concerner les seuls arméniens, mais bien l’ensemble de la communauté des  humanistes.
Nous sommes engagés dans un combat qui n’oppose pas Turcs et Arméniens mais des valeurs ; celles de la démocratie contre celle du totalitarisme.

Ce combat est celui de la Vérité. Et , lorsque la vérité dérange les ignorants, ce n’est pas à celui qui sait de se taire mais à l’ignorant  d’apprendre ! Nos concitoyens d’origine Turc  qui ont embrassé le négationnisme doivent enfin ouvrir des livres d’histoire !

 

 

Lorsque l’ignorance agresse, nous ne pouvons la laisser s’étendre ; la timidité n'a désormais plus sa place, l’histoire nous a appris, que dans un tel combat, les exactions et les
dévoiements doivent être dénoncés et infirmés !…

Le courage et la constance face à l’extrémisme, sont les vertus des hommes justes !

Le courage, il se manifeste partout, au quotidien.

 Le courage c’est de ne céder à aucun chantage, de ne plier face à aucune menace,

 Le courage, c’est ce dont a fait preuve l’année dernière le maire de Lyon  Monsieur Gérard Collomb, afin que le mémorial des génocides, (afin que Ce mémorial soit enfin érigé)

 


Le 12 octobre dernier, les députés  qui ont votés favorablement une proposition de loi sanctionnant le négationnisme du génocide des Arméniens, n’ont  pas non plus manqué de courage dans leurs convictions. Et, si l’Assemblée Nationale Française à traité du génocide arménien c’est bien parce que l’Etat Turc a exporté son négationnisme jusqu’en France et dans toute l’Europe.

 

 

Par ce que le négationnisme, quel qu’il soit,  au même titre que le racisme, n’a pas sa place au sein de notre République, il doit être sanctionné par la loi.

 La mobilisation de toutes nos forces, la mobilisation de toutes les forces de la communauté nationale, de toutes les forces humanistes sera plus que jamais capitale.  Notre jeunesse doit jouer pleinement son rôle en formant la pointe du glaive de la Justice. Nous ne serons jamais de trop pour porter les 1 500 000 de 1915.

 

En cette 92 ème commémoration du génocide des Arméniens, nous faisons le serment de garder espoir…

 

Car ensemble, nous saurons parler, et nous devrons parfois même crier !

 pour ceux qui sont mort en silence dans cette terrible indifférence…

 

Car aujourd’hui encore, le COMBAT CONTINUE !

 

Par Web Citoyens
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Lundi 6 avril 2009

Retranscription du discours de Jean Y. GORIZIAN Lors de la conférence d'ouverture des Universités de la Mémoire, le Jeudi 2 Avril 2009 à l'Universié Jean Moulin Lyon 3 sur le thème: "Mémoires et identités dans l’espace public":




Cela fait 5 années, que les Universités de la mémoire, portent l’étendard de la Mémoire des génocides au seindes Universités Lyonnaises. Depuis 3 ans, je suis fier de représenter la FRA- Nor seround, nouvelle génération De gauche à droit: Florence Mardirossian (Secrétaire Gén. observatoire européen de géopolitique) Raphael Haddad (président de l'UEJF) Jean Yeriche Gorizian Arménienne, au sein du Comité d’organisation et heureux de travailler avec mes amis de l’UEJF et d’hippocampe.

 

Ensemble, nous avons décidé de faire de cet évènement, un lieu de rencontre et de partage des mémoires, en assumant parfaitement, la compatibilité du particularisme de nos mémoires respectives avec la communauté nationale.

 

M’exprimant dans cette Université, je ne peu m’empêcher de me remémorer tous les intervenants que nous avons reçus durant ces années. Je ne puis effacer de ma mémoire le récit de Benjamin Orestein, rescapé du camp d’Auschwitz,

 

Car si j’avais appris dans les livres, l’ampleur de la destruction du peuple juif par les Nazi ; ce n’est que par son témoignage que j’ai perçu tout le relief de l’horreur de ce crime, et j’ai vu dans ses yeux, le même anéantissement que chez les survivants du génocide des Arméniens.

 

Il ne reste aujourd’hui presque plus d’Arméniens sur leurs terres historiques de Turquie, comme il ne reste quasiment plus de Juifs en Pologne.

 

A chacune de mes visites à la Manufacture des Tabacs, je me remémore la bouleversante histoire d’Etienne Nsanzimana survivant du génocide du Rwanda.

J’ai pris conscience de l’ampleur de la tache qui nous attend en tant que français, le travail de mémoire est très loin d’être accompli sur cette question.

 

Je me souviens également, de Dogan Ozguden et du combat de sa vie, lui ce Turc qui lutte pour que la vérité éclate enfin en Turquie, qui a été condamné à 300 ans de prison parce qu’il a parlé du génocide des Arméniens et qui aujourd’hui est menacé de mort par les nationalistes de son pays ; Il vit sous protection des services de sécurité de la Belgique, pays dans lequel il s’est réfugié.

 

J’ai vu en lui un peu du parcours de mes ancêtres exilés, lorsque j’ai  appris qu’il était devenu apatride, après qu’un tribunal d’Istanbul lui ait retiré la nationalité turque.

 

Toutes ces années, les Universités de la Mémoire, évènement initié par l’UEJF, fut une tribune pour la mémoire de la Shoah certes, mais aussi pour celle du génocide des Tutsis et celui des Arméniens.

 

Le Génocides des Arméniens, s’est déroulé durant la 1ère Guerre Mondiale, dans l’Empire Ottoman ; la Shoah en Europe, lors de la seconde Guerre Mondiale, enfin le génocide des Tutsis en Afrique en 1994.

Pourtant nous avons durant ces années, parlé de ces 3 génocides à Lyon, au 21ème Siècle. Comme pour marquer un symbole ; ces crimes imprescriptibles sont des crimes contre l’humanité, et par conséquent, c’est l’humanité toute entière qui fut victime.

 

 

 

La Mémoire est un combat du présent :

 

Durant ces années écoulées, je me souviens d’une critique qu’un étudiant de Lyon 3 nous avait lancé : « la Mémoire, encore un truc passé ! »

Pour nous, se souvenir n’est pas une fin en soit. Nous ne gardons pas en mémoire les crimes de masse du passé par plaisir, pour satisfaire je ne sais quel masochisme ; mais pour briser cette chaîne du bégaiement de l’histoire.

 

Car les jeunes générations que nous sommes, ont

La Mémoire pour Arme, contre la réitération des crimes contres l’humanité,

La Mémoire comme une arme contre cette terrible phrase : « plus jamais ça », nous sommes la génération qui ne veut plus avoir à entendre « plus jamais ça » !

 

La mémoire, pour les nouvelles générations, constitue un défi capital : celui de notre capacité à tirer les enseignements de l’histoire, celui de notre volonté de ne pas reproduire les erreurs…et les fautes, de nos aînés.

 

Un descendant du génocide des Arméniens, de la Shoah ou du génocide du Rwanda, n’a pas le droit de détourner le regard, avec indifférence, face à ce qu’il se passe au Darfour.

 

Se souvenir, est pour nous un combat du présent, et se souvenir ensemble devient indispensable.

Le dialogue des mémoires est nécessaire, car connaître la mémoire des autres c’est d’abord mieux les comprendre, comprendre leurs traumatismes, leurs souffrances, ce qui les émeut, les met en colère…leur donne de l’espoir.

Par le dialogue des mémoires, chacune d’entre elles, s’enrichie des spécificités de l’autre.

 

Mais notre monde, n’a pas tant changé depuis Nuremberg, comme il n’a pas tant changé depuis Arusha. Alors, il nous faut aller plus loin encore que le dialogue, c’est le partage des mémoires qui est salutaire, pour être plus fort, plus nombreux…

 

Plus nombreux contre le négationnisme, contre le racisme, contre l’intolérance et les dérives nationalistes. Mais aussi contre la concurrence des Mémoires, qui est la pire des choses dans notre combat.

 

Cette concurrence  des Mémoires divise les faibles, ceux à qui parfois, il ne reste que la mémoire

 

Aujourd’hui, vous ne trouverez peu de gens faisant l’apologie de cette concurrence, tout le monde est contre, en façade. Mais nous avons fait le choix de combattre ce phénomène, davantage que par des mots, mais par des actes : les Universités de la Mémoire en sont une preuve vivante.

 

 

Mémoire traumatique, une Mémoire qui a du mal à sortir du silence

 

La conférence de ce soir, traite d’identité, de mémoire, et d’espace public.

Après les crimes, les identités doivent se reconstruire : c’est un processus long et difficile. L’homme est ainsi fait, qu’il a besoin de Justice et de reconnaissance pour repartir dans la vie, se reconstruire et reconstruire après le chaos…

 

Comment aller de l’avant sans Justice ? Comment se reconstruire face au négationnisme de l’Etat qui a succédé à votre bourreau et qui continue le crime en effaçant toute trace de votre culture, La tache devient plus ardue lorsque l’on nie l’objet même de vos souffrances, lorsqu’on va jusqu’à vous dire que vous n’avez jamais existé…c’est ce que s’emploi à faire l’Etat Turc, depuis 94 ans.

Les victimes de génocide, et leurs descendants, ont besoin de Justice afin d’apaiser leur mémoire. Mais ils ont aussi besoin que leur mémoire et leur identité anéantie par le crime, fasse l’objet d’une Reconnaissance, dans l’espace public.

 

 

Partage des Mémoires : qui mieux qu’un descendant de peuple génocidé peut comprendre la souffrance d’un autre descendant de génocide ?

 

Pour finir, je dirais que nos destins sont liés en tant que membre de la même humanité. Certains parlent de « fraternité dans la souffrance », mais si nous sommes frères dans la souffrance, nous devons également êtres frères dans la construction de nos mémoires et dans nos combats.

 

Nous avons été ensemble dans la salle des pas perdu du tribunal de Lyon pour que Bruno Gollnisch soit condamné pour négationnisme,

Ensemble quand un journaliste a été assassiné en Turquie pour avoir parlé du génocide des Arméniens,

Nous avons éprouvé la même douleur face à la promotion de Faurisson dans un spectacle dit « humoristique » : quand la provocation s’est transformé en agression.

 

  Nous sommes ensembles pour demander à la représentation Nationale, que le négationnisme du Génocide des Arméniens soit sanctionné par la loi.

Nous serons ensemble pour nous souvenir, ensemble pour lutter contre le négationnisme et la réitération des crimes contre l’humanité !

 

S’il est encore besoin de convaincre que la concurrence des mémoire est vaine, j’aimerais porter à votre attention les dires d’une personne que je n’ai pas l’habitude de citer. Ces propos sont ceux d’Adolf Hitler, inspiré par ses propres écris dans Mein Kampf, répétés en 1939 à son Etat Major : « Notre force réside dans notre rapidité et notre brutalité. J’ai donné l’ordre à des Unités spéciales de SS de se rendre sur le front polonais et de tuer sans pitié hommes, femmes et enfants…..

 

Et il conclut : Qui se souvient encore de l’extermination des Arméniens ? »

 

Et bien si à l’époque, personne ne semblait se souvenir des Arméniens, aujourd’hui le sens de notre combat consiste à répondre à cette interrogation : nous n’avons oublié ni les Arméniens, ni les Juifs, ni les Tutsis du Rwanda !

 


 

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